Quelques années en arrière j’étais profane. Comme la plupart des personnes étrangères au droit, je croyais aux idées reçues sur le droit. Je croyais par exemple que les études de droit sont difficiles parce qu’il fallait mémoriser tous les textes de lois existants. Aujourd’hui, je me suis rendu compte de la fausseté de cette idée et de plusieurs autres. Voici dans cet article, 8 idées reçues que je tiens à déconstruire.
1 – Les études de droit, c’est impossible avec un baccalauréat scientifique
Avec un baccalauréat scientifique, il est bien possible d’étudier le droit. Les sciences juridiques ne sont pas de la littérature. Lire, rédiger et exceller en art oratoire ne font pas des juristes des littéraires. Selon la conception générale, les littéraires sont plus aptes à étudier le droit. Pourtant, un bon juriste doit avoir les aptitudes suivantes : le sens de l’observation, la capacité à analyser et l’esprit de synthèse pour déduire. Ces aptitudes sont très souvent propres aux scientifiques. De même, le vocabulaire juridique est bien différent du vocabulaire littéraire.
Cependant en droit, il est nécessaire de pouvoir s’exprimer clairement, d’avoir du style dans ses écrits et discours ainsi qu’une ouverture d’esprit. Ces qualités étant celles d’un bon littéraire, un bon juriste est alors un scientifique qui dispose de l’adresse d’un littéraire. L’esprit scientifique ne handicape en rien les études de droit. Au contraire ! Cette idée reçue sur le droit n’est donc pas justifiée.
2 – Pour être un bon juriste, il faut mémoriser tous les textes de lois
L’obligation de mémorisation des textes de lois est le préjugé le plus répandu sur le droit. Faire des études de droit ne nécessite pas des capacités de mémorisation extraordinaires. Vous n’êtes pas obligés d’être des ‘’Mike Ross’’ de la célèbre série Suits. La capacité la plus sollicitée en droit est celle de réflexion et d’argumentation.
Les étudiants en sciences juridiques ne sont donc pas obligés de connaître par cœur les textes de lois. Il est juste important d’avoir une bonne culture juridique, d’avoir une compréhension profonde des textes de lois et surtout, de savoir comment les rechercher parce qu’il en existe une kyrielle.
3 – Les étudiants en droit n’ont pas de vie sociale
Cette idée reçue sur le droit est définitivement fausse. Les études de droit n’empêchent pas d’avoir une vie sociale. Les sciences juridiques sont une filière comme tout autre. Réussir et exceller nécessitent un minimum d’investissement personnel.
Bien étudier le droit ne voudra donc pas impliquer un repli excessif sur soi-même. Il est évident que la disponibilité des étudiants en droit est partagée entre séances de Travaux Dirigés, séances de lecture et travaux de groupe. Cela est d’ailleurs commun à tous les étudiants. Un emploi du temps bien établi est la clé pour maintenir l’équilibre.
4 – Il y a plus de juristes qu’il n’en faut au Bénin
Si en faculté de droit les étudiants sont des milliers, la réalité sur le terrain est tout autre. Peu d’étudiants en droit terminent leur cursus universitaire. Bien évidemment cela n’est pas directement lié à la filière elle-même. Au Bénin, il y a 14 tribunaux de première instance de première et de deuxième classe. Pourtant, la loi n°2001-37 du 27 août 2002 prévoit 25 tribunaux de première instance de deuxième classe et 3 de première classe. Malgré le nombre insuffisant de tribunaux, la lenteur administrative observée au niveau des tribunaux se justifie par le manque de personnel judiciaire. De plus, les concours d’accès aux professions judiciaires se régularisent. Cette idée reçue sur les études de droit n’est donc pas
fondée.
5 – Les études de droit ne servent qu’à exercer les professions judiciaires
Le droit, ce n’est pas uniquement dans les tribunaux. Généralement, on rattache le but d’un cursus universitaire en faculté de droit à l’accès aux professions judiciaires. Cette conception est fausse. Il n’y a pas que les professions d’avocat, de magistrat, de greffier, d’huissier, de notaire, etc.
Le droit est présent en entreprise, dans les associations et dans les familles. Les actes de la vie courante nécessitent l’expertise d’un juriste bien plus qu’on ne le pense. En entreprise, ce besoin se fait encore plus sentir. Les étudiants en droit à la fin de leur cursus peuvent donc exercer en tant que juriste d’entreprise. Ils peuvent également se tourner vers les nouveaux métiers du droit qui naissent avec l’essor du
numérique. Il n’y a pas que la toge !
6 – Les avocats sont des menteurs
Cette idée reçue, vous l’avez sûrement déjà divulguée une fois. Je suis alors ravie de vous apprendre qu’elle est vraie. Enfin, relativement. Dans un procès, deux parties s’opposent et il existe deux versions des faits. L’avocat s’en tient à la version de son client et trouve une base légale ainsi que des preuves pour justifier la version de son client afin de convaincre le juge.
Le but d’un procès justement, c’est trancher un litige et rendre justice. Ainsi, chaque partie au procès s’y présente avec sa vérité et lorsqu’elle ne correspond pas à la version de l’autre partie, c’est forcément un mensonge.
7 – On enterre les avocats et les magistrats face contre terre
Si vous êtes convaincu que les avocats mentent, vous devez probablement être convaincu du fait qu’on les enterre réellement face contre terre pour les punir. Tout comme les idées reçues précédemment énoncées, cette idée reçue sur le droit est fausse. Les avocats et les magistrats sont inhumés comme tout être humain et selon les rites et tradition de leur famille.
8 – Les femmes ayant étudié le droit ne peuvent pas avoir une vie de couple épanouie
Les femmes juristes sont souvent qualifiées de « femmes rebelles » et « insoumises ». Selon les personnes étrangères au droit, elles récitent les textes de lois en réplique à leur partenaire. Cette idée reçue n’a aucun fondement logique comme tous les autres. Les femmes juristes sont des femmes comme les autres, mais surtout des êtres humains. Elles ne sont pas différentes des hommes juristes.
Cependant, une vie de couple épanouie n’est pas l’œuvre d’un seul partenaire. La stabilité d’une relation ou d’un mariage ne dépend pas des études de droit de la femme ou encore moins de l’un des partenaires. C’est plutôt une responsabilité partagée entre les deux partenaires.
Vous savez désormais que les idées reçues sur le droit citées plus haut sont non fondées. Quelle autre idée reçue vous connaissez et qu’en pensez-vous ? Partagez cela avec moi en commentaire.